Décentralisation : la carte qui fâche

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A peine présentée par le Président de la République, le 2 juin dernier, la nouvelle étape de la réforme territoriale fait grincer bien des dents chez les élus locaux. A commencer par le projet gouvernemental de ramener le nombre de régions de 22 à 14. « Elles seront ainsi de taille européenne et capables de bâtir des stratégies territoriales », justifie François Hollande, qui estime que « le temps est venu d’offrir une meilleure qualité de service et de moins solliciter le contribuable tout en assurant la solidarité financière entre collectivités selon leur niveau de richesses ». Pas de quoi convaincre cependant le président d’Aquitaine et de l’Association des régions de France (ARF), Alain Rousset, selon qui « il n’y a pas de source d’économie de fonctionnement à attendre de la fusion des régions. Au contraire, il faudra égaliser vers le haut les salaires des fonctionnaires territoriaux et cela entraînera un coût supplémentaire ». Du côté de l’Association des maires ruraux de France (AMRF), l’heure est plutôt à l’ironie : « A l’Elysée, on a fait du coloriage de la carte territoriale. Les poids lourds du gouvernement ont joué à la conférence de Yalta », a commenté Vanik Berberian, président de l’AMRF. Mais c’est surtout la disparition programmée des conseils départementaux qui suscite le plus d’inquiétudes. Dans une lettre ouverte adressée au Président de la République, les présidents des conseil généraux du Cher, de l’Allier, de la Creuse et de la Nièvre ont ainsi fait part de leur « sentiment de précipitation et d’absence de vision globale d’une organisation cible ». « L’absence de méthodologie apparente donne le sentiment que cette vision d’avenir n’existe pas, et n’a donc pas pour objectif de mieux développer les territoires et la citoyenneté », estiment-ils. Le millefeuille territorial verrait-il sa fin proche sous prétexte d’économies restant encore à démontrer ? « Ce qui coûte cher dans un millefeuille, ce ne sont pas les feuilles mais la crème qu’il y a entre chacune », rappelait il y a quelques semaines Eric Doligé, sénateur et président du Conseil général du Loiret.


 C.R.

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