L’Association des Maires Ruraux de France (AMRF)

Questions à Vanik Berberian, président de l’Association des Maires Ruraux de France (AMRF)

 

 

Vanik BerberianPourriez-vous vous présenter en quelques mots ?

 

Je suis maire de Gargilesse-Dampierre depuis 1989, une commune de l’Indre de 342 habitants membre de l’Association des Plus Beaux Villages de France. Les axes forts de mon action, dès l’exercice de mon premier mandat, sont autour du développement local, de la protection du patrimoine bâti et du développement culturel et touristique. La préservation des services publics est  également une préoccupation constante. Depuis 2008, je suis également président de l’Association des Maires Ruraux de France (AMRF).


Quels sont les objectifs poursuivis par l’AMRF ?

 

C’est d’abord dans un esprit militant que, depuis plus de quarante ans, l’Association des Maires Ruraux de France rassemble les maires des communes de moins de 3 500 habitants, par delà les sensibilités politiques. L’AMRF réunit les élus engagés autour d’une vision prospective de nos territoires ruraux. Ce que nous voulons, ce n’est pas seulement défendre l’acquis (le maintien des services publics, par exemple), mais bel et bien préparer l’avenir du monde rural, avec des maires, forces de propositions. A ce titre, l’AMRF incarne grâce à ses membres cet engagement et les représente à tous les niveaux de notre organisation territoriale et de vie publique.


Quels seront, vous, les principaux enjeux, pour les communes rurales dans les années à venir ?

 

 Le préalable, c’est de reconnaître que la ruralité a changé de physionomie. Le temps de l’exode rural s’éloigne ! Aujourd’hui, les territoires ruraux ont globalement un solde démographique positif ; ils accueillent de nouveaux habitants aux modes de vie proches de ceux des urbains, avec de fortes exigences en termes de services de proximité.


Parallèlement, dans une démarche de re-concentration générale, cet espace rural est pourtant confronté à un retrait progressif des acteurs institutionnels – dont l’Etat – sur son territoire. Moins d’ingénierie, moins de services publics ou de services aux publics, moyens financiers insuffisants…


Tiraillées entre ces deux courants antagonistes, l’un qui renforce leur attractivité, l’autre qui réduit leur offre de services de proximité et leur autonomie – notamment financière – les communes rurales se voient confrontées à de nouveaux enjeux.


L’enjeu essentiel pour l’avenir est celui du regard porté sur la ruralité et, par suite, des outils mis à la disposition des acteurs locaux. L’espace rural a changé, cette nouvelle donne doit être prise en considération, afin d’anticiper le recours à l’espace rural comme espace de développement de notre pays, autour de thématiques aussi diverses que : l’activité économique, le logement, la gestion de l’espace, la présence de services, l’accès au très haut débit, etc. Ce dernier point est emblématique de l’évolution des enjeux liés à la ruralité: aujourd’hui, l’accès au très haut débit n’est plus seulement un facteur d’attractivité, ce stade est bel et bien dépassé : son absence constitue un obstacle au développement de la ruralité, voire même à son existence.


Un autre enjeu majeur est lié au contexte économique qui oblige à approche nouvelle de notre organisation de services, allant dans le sens, lorsque cela est possible, d’une mutualisation, d’une mise en commun des moyens. Cet outil – l’intercommunalité – ce sont les maires eux-mêmes qui l’ont initié et l’ont façonné en un instrument d’appui au développement. Echelons de base, celui de l’action et de la proximité avec l’administré, les communes peuvent en effet avoir parfois intérêt à mettre en place ensemble certains équipements, services ou animations. Cette intercommunalité-là, volontaire, répondant à un impératif d’efficacité au service d’un projet, est une véritable chance pour nos territoires. Il est cependant regrettable que ce bel outil soit trop fréquemment détourné de sa vocation première pour satisfaire à d’insensés objectifs d’augmentation de taille et donc de concentration. L’intercommunalité doit être au service de l’ensemble des communes qui la composent et demeurer une solution intelligente : « Ce que l’on ne peut pas faire seul, on le fait à plusieurs ». C’est cette approche de l’intercommunalité que nous défendons, pas celle de l’antichambre de la mort des communes.


En somme, il faut appréhender autrement les territoires ruraux. Il est temps de réaliser que ces espaces constituent une formidable richesse pour la France, non seulement en termes de qualité de vie, mais également en termes de développement économique. Pour libérer pleinement ce potentiel économique et humain, il faut déjà  faire confiance aux élus et leur donner, dans le même temps, les dispositifs réglementaires adaptés et les moyens financiers suffisants (et équivalents aux territoires urbains) pour assurer pleinement leurs missions. Il reste donc toujours d’actualité de définir une véritable volonté politique d’aménagement du territoire.


Informations pratiques

 

Président : Vanik Berberian

Date de création : 1971

Nombre d’adhérents : 8 000

Coordonnées : 52 avenue Maréchal Foch, 69006 Lyon

Tél : 04 72 61 77 20

Fax : 04 72 61 79 97

Courriel : amrf@amrf.fr

Site Internet : www.amrf.fr

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