« Place aux Faizeux ! » : l’appel aux maires d’Alexandre Jardin


AlexandreJardinEcrivain que l’on ne présente plus (Bille en tête, Le Zèbre, Fanfan, Des gens très bien…), Alexandre Jardin se bat aujourd’hui pour une cause civique au moment où l’abstention et la défiance règnent : celle des Zèbres qui passent à l’acte. Un appel lancé aux élus locaux, aux associations, aux entreprises et aux citoyens qui font déjà bouger les lignes – les authentiques « Faizeux » – pour réinventer notre société, par-delà les clivages politiques. A quelques semaines de la parution de son prochain ouvrage Laissez-nous faire ! (éditions Robert Laffont), Alexandre Jardin a accepté de répondre à nos questions, sans concession ni langue de bois.

 


Edile : Comment est né le mouvement des Zèbres et quels objectifs poursuit-il ?


Alexandre Jardin
 : D’un chagrin et d’une joie inouïe ! Chagrin de constater que le pays est descendu trop bas pour que les citoyens puissent continuer à déléguer le règlement de leurs emmerdes aux seuls partis politiques discrédités. Désormais, les citoyens doivent faire eux-mêmes, se prendre en main en utilisant les outils créés par les entreprises, les associations et les maires – les trois catégories de Faizeux, pas des Diseux ! – qui fabriquent de la solution déjà opérationnelle dans nos territoires. Le mouvement des Zèbres (http://bleublanczebre.org/) est né de la joie de constater que ce pays crée tous les jours, par en bas, les solutions pragmatiques pour régler ses propres difficultés. Les Zèbres, c’est cela : un refus absolu de la fatalité ! Une volonté de fer de fédérer ceux qui sont encore vivants et qui ne raisonnent pas par les dispositifs inventés par nos énarques mais en innovant sur le plan des pratiques concrètes. Nous menons en ce moment une révolution solidaire qui part tout simplement… des gens, de leur combativité créative ! Beaucoup de mouvements citoyens veulent faire. Nous faisons déjà ! Notre idée est donc de grouper des compétences réelles, ayant fait leurs preuves, et les Républicains qui ont encore du crédit moral à l’heure où les partis n’en ont plus guère. En 2017, nous proposerons un deal considérable aux partis républicains, pour qu’il redevienne enthousiasmant de voter pour eux : une alliance avec les Faizeux, pour faire gagner la France ! En clair, si la France a longtemps été un Etat, il lui faut aujourd’hui devenir une Société adulte. Et c’est bien là que le rôle pivot des maires et des élus locaux devient fondamental.

Notre pays crée tous les jours, par en bas, les solutions pragmatiques pour régler ses propres difficultés. Nous refusons la fatalité !


Edile
: Votre parcours et vos ouvrages témoignent de votre attachement à la liberté et à l’indépendance d’esprit qui devraient guider chacun. Pensez-vous que la politique a aujourd’hui encore un sens dans la gestion publique locale ?


A.J.
 : C’est bien sur le terrain que l’essentiel se passe, avec des élus locaux « à portée de baffe » de leurs électeurs. Les maires encaissent les réalités quotidiennes en direct et sont obligés d’être des Faizeux. Formidable école ! Quand nos partis raisonnent par grands dispositifs et cherchent ensuite des opérateurs, les élus locaux, eux, raisonnent en praticiens. Les maires doivent revitaliser tout le système politique, avec leurs mots. J’aime quand les maires ruraux parlent de « coopératives de communes » plutôt que d’utiliser la langue absurde des technocrates. Eux seuls savent coopérer au quotidien avec les ressources de la société civile. Allez dans une réunion de parti, vous y verrez des gens qui s’interrogent sur ce qu’ils doivent faire, eux, pas sur l’usage intelligent des compétences de la société ! Or l’avenir et l’optimisme sont bien là, dans ce réflexe, cette passion pour l’intelligence des autres. Les maires sont psychologiquement les plus à même d’entrer dans le monde d’après que nous souhaitons tous.

Quand nos partis raisonnent par grands dispositifs et cherchent ensuite des opérateurs, les élus locaux, eux, raisonnent en praticiens.


Edile : Quels conseils donneriez-vous aux élus locaux qui souhaitent aujourd’hui réenchanter leur territoire ?


A.J.
: Deux solutions. Pour commencer, filez vite sur le site Bleublanczebre.fr pour découvrir les Faizeux que nous avons sélectionnés pour nos communes et, surtout, des « bouquets de solutions » que nous sommes en train de constituer en rassemblant les Zèbres de tous horizons par thématiques afin qu’ils proposent aux mairies des politiques publiques clé en main  (éducation, logement, accès à l’emploi, entrepreneuriat pour tous, etc.). Le boulot avance bien mais est encore en cours. Si vous y voyez votre intérêt, pour votre commune, il vous suffit de nommer dans votre équipe un ou une dégourdi(e) qui devient alors « chasseur de zèbres » que l’on enregistre au cabinet de Jean-Paul Delevoye, Président du Conseil économique, social et environnemental (CESE). Il assume avec son équipe l’interface entre les Zèbres et les mairies. Ensuite, nous importons nos bouquets de solutions chez vous, ce qui renouvelle le nombre de solutions concrètes à disposition sur votre territoire. Naturellement, ces « bouquets » ont vocation à coopérer avec les gens géniaux de chez vous. Ensuite, si votre mairie a développé une compétence qui vous semble devoir faire école au niveau national pour régler un vrai problème très concret auquel vous êtes confronté, vous joignez les Zèbres par le site Bleublanczebre.fr et rejoindrez illico nos bouquets de solutions. Nous ferons ainsi connaître vos process et vos tactiques, que nous pensons bien plus pertinents que les « grandes lois » foireuses dont nous abreuvent les crânes d’oeufs de nos ministères ! Place désormais aux Faizeux frottés d’expérience et la joie redeviendra un mot français !

Vos process et vos tactiques sont bien plus pertinents que les « grandes lois » foireuses dont nous abreuvent les crânes d’oeufs de nos ministères !


Propos recueillis par Christophe Robert

19 février 2015

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